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Brèves
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Quel avenir pour le PEGI ?
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Publié le Vendredi 30 Mai 2008, par fnoul
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Un système facile à piger ! Devant un marché du jeu vidéo très important et diversifié, le PEGI (Pan European Gaming Information) semble s'être imposé aujourd'hui en Europe comme le meilleur système pour évaluer le contenu des produits de ce secteur. Proposant une signalétique élaborée sur les classes d'âges et de contenu, ce système de recommandation vise à l'information du public afin d'assurer une protection suffisante des joueurs mineurs. Le rapport Nielsen de l'IFSE qui vient de paraître révèle des chiffres en demi teinte sur le sujet, montrant notamment que si 93% des sondés ont déjà vu les symboles de classification d'âge, 57% des parents n'ont pas connaissance des symboles descripteurs de contenu. En place depuis maintenant 5 ans, on est naturellement tenté de savoir si le PEGI remplit correctement son rôle, bref si tous ces étiquetages servent à quelque chose... En 2003, l'ISFE (Interactive Software Federation of Europe) mettait en place pour les jeux vidéo une signalétique à destination du public, et plus précisément des parents : le PEGI. L'objectif principal était donc la protection de l'enfance via l'apposition sur les jeux de labels afin de permettre au consommateur d'effectuer un choix éclairé. Les chiffres du rapport Nielsen Basé sur une simple recommandation, contrairement à l'ESRB (système de classification américain) qui pose des interdictions, le PEGI averti et déconseille. Ce système implique donc de facto une participation active des revendeurs en terme d'information et une certaine vigilance des parents pour ce qui de leur responsabilité envers leurs bambins. Cela amène à se pencher sur le rapport Nielsen - ISFE datant d'avril 2008, fruit d'une enquête menée sur 6000 joueurs européens de 19 à 49 ans. Cette étude sur le secteur du jeu vidéo et sur le comportement des joueurs en Europe, révèle que 39% des personnes sondées en France ont déjà entendu parler de la norme " appelée PEGI" comme système de classification ; soit une progression de 15% par rapport à l'année 2007. Par ailleurs, 93% des joueurs français reconnaissent avoir déjà vu les symboles de classification d'âge.
| | | Pour ce qui est de signalétique ayant trait au contenu (violence, peur, stupéfiants, etc...), 57% des parents ne se rappellent pas ou disent ne pas les avoir vu. A noter également que 46% des joueurs européens estime que les symboles utilisés ne sont pas explicites, voir pas du tout. Ces symboles descripteurs semblent être moins bien identifiés que ceux de classification d'âge, sans doute car moins parlant, mais également moins identifiables puisque seulement présents au verso des boitiers.
|  | Même si on peut remarquer les effets positifs de la campagne marketing sur le PEGI menée en 2007, il reste encore un énorme travail à fournir en termes d'information des parents qui sont finalement que 49% à estimer que les labels d'âges sont utiles à l'achat d'un jeu vidéo. De même, 41% des parents ne contrôle pas les jeux achetés par leur enfant. Enfin, concernant le label "PEGI ONLINE", seulement 19% des parents déclarent l'avoir déjà vu.
| Si le désintérêt de certains adultes pour leur enfant se passe de commentaires, il reste primordial pour les autres parents de pouvoir s'informer facilement au moment de l'achat d'un jeu vidéo. Rarement on verra un panneau d'information visant à la sensibilisation sur la classification PEGI par exemple. Car il est à noter que l'utilité du sytème PEGI repose également sur le devoir d'information et de conseil du point de vue commercial. Au-delà du cas des grandes surfaces où un mineur peut librement prendre un jeu qui ne lui est pas destiné et se pointer à la caisse sans autre formalité; le rôle d'un revendeur dans un magasin spécialisé est d'une véritable importance. Dans la pratique, les magasins conseillent la plupart du temps les adultes sur l'achat de tel ou tel jeu. Cependant, même si il est possible de voir des vendeurs déconseiller un jeu réservé aux 18+ à un jeune client qui en a 7 de moins, il est très rare que la vente ne se réalise pas. En effet, aucune interdiction légale ne pèse sur les magasins pour ce qui est de la vente des jeux vidéo. Et c'est dans cet espace de liberté pas encore totalement apprivoisé par les parents que se faufilent certaines associations de protection de l'ordre moral qui y voient une brèche à la vertu et aux bonnes mœurs. Et si voir ces associations "autoproclamées" de la protection de l'enfance s'en prendre au système "autorégulé" du PEGI est bien souvent risible, il est beaucoup plus inquiétant de voir certains politiciens adeptes de la censure leur emboiter le pas avec des propositions de loi rétrogrades. Entre censure et libre choix
Le système de classification PEGI basé sur le libre choix des adultes résiste à la pression et s'améliore au fil des années. La sensibilisation des consommateurs se fait au fur et à mesure, mais entre obsession de censure et pénalisation, la marge de manœuvre du système pour convaincre ne cesse de se réduire. C'est dans ce cadre que d'autres systèmes de classifications souvent hasardeux tentent de voir le jour. On citera ainsi par exemple l'association "Familles de France" qui en 2006 avait tenté d'imposer son propre label sans succès, au lieu de renforcer la campagne de classification PEGI pourtant déjà bien en place. Dans une moindre mesure, la Fnac a également essayé de proposer une classification de "jouabilité" en marge du PEGI, mais qui au final posait un véritable conflit entre ces deux normes (voir encadré). Du côté des politiques, ça sent le sapin aussi ! Le risque d'apparition d'un dispositif législatif plus dur se fait clairement sentir. Et franchement, ça nous mettrait vraiment les glandes que l'on adopte une réglementation comme en Angleterre, pays de liberté et de tolérance où en 1937 on censurait déjà Blanche Neige et les 7 nains. Et comme à JDG on aime la neige, les nains et surtout le PEGI, on a décidé de rajouter quelques octets à l'histoire avec ces quelques visuels ; )
| FNAC. Certifié non conforme Avec ce slogan qui appelle sans aucun doute à manger un cheeseburger en écoutant du Vivaldi et à déverrouiller accessoirement les contraintes du marché, la Fnac montre encore une fois qu'elle voit autrement. En effet, en 2007 dans les publications de jeux vidéo disponibles en libre service, la FNAC n'hésitait pas à proposer ses propres recommandations d'âge en terme de jouabilité, ignorant au passage celles émises par le PEGI. Bon c'est vrai, le substrat marketing de cette permissivité nous rend heureux lorsque l'on a encore la possibilité de jouer à Poney club à 30 ans, mais on grince un peu des dents quand on s'aperçoit que des jeux avec un PEGI 16+ se retrouvent avec la mention Fnac : « jouable à partir de 10 ans », où encore un PEGI 12+ tamponné « jouable à partir de 4 ans ».
 Pour expliquer cette évaluation décalée, la Fnac indique par un avertissement dans ses publications que le PEGI est "une évaluation du contenu par rapport à la sensibilité du public", alors que la recommandation d'âge minimum proposée par la fnac est basée sur la jouabilité et le degré de difficulté. Autrement dit : Bonjour madame la cliente, votre enfant a tout juste 10 ans ?! C'est parfait car son développement psychomoteur lui permet de jouer à ce jeu recommandé pour les plus de 16 ans. Merci et bon achat ! Certifié non conforme ou forme de connerie ?... On pourrait se le demander. Heureusement, depuis 2008, la Fnac semble avoir corrigé le tir en réajustant ses recommandations sans nuire à la classification du PEGI. | | |
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